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Demande insuffisante, baisse des contrats des transporteurs, recul de près de 15% des immatriculations de poids-lourds reflètent une année 2025 morose pour le TRM. Le marché devrait rester stable, voire légèrement augmenter en 2026.
A l’occasion de sa conférence annuelle de rentrée, l’observatoire du véhicule industriel (OVI) de BNP Paribas Artegy revient, en chiffres, sur un marché du transport routier morose en 2025. Première donnée affichée lors de cette conférence et révélatrice des difficultés actuelles des transporteurs : 50% d’entre eux déplorent une demande insuffisante. Elle se traduit par une baisse moyenne de -10,1% des marchés conclus entre janvier et novembre 2025, une diminution de -0,1% des tonnes-km transportées l’année dernière (168 mds par la route), une part de trajets à vide 17,5% (20,8% en ce qui concerne le transport en compte propre), un climat d’affaire de 5 points inférieur à la moyenne de long terme et par une trésorerie négative dans la continuité des deux années précédentes.
Par voie de conséquence, les ventes de véhicules continuent de régresser, avec une baisse des immatriculations de -14,6% en 2025 en France (27 656 immatriculations sur la période t1 à T3 2025) et de -9% à l’échelle européenne. Dans le détail les immatriculations de tracteurs routiers ont baissé de -10,5% par rapport à 2024 (22871), celles des porteurs ont diminué de -9,2% (21231) et celles des semi remorques de -7,3% (16683). Le marché des VUL de -5 tonnes est également impacté, avec 360 444 immatriculations l’année dernière, en baisse de -5,6% par rapport à 2024. Les immatriculations de VUL carrossés sont au nombre de 40 258 sur onze mois en 2025, contre 45 759 un an plus tôt, soit une baisse de 12 %.
Du côté de la transition énergétique, la part des camions neufs roulant au B100 reste majoritaire mais est passée de 60,2% au 3e trimestre à 39,4% des immatriculations au dernier trimestre. Cette baisse est due à l’augmentation de la part des camions au GNV (31,4%) et électriques (29,1%) en fin d’année. Sur l’ensemble du parc, la part des camions Diesel est de 89,3%. Selon l’OVI seuls 11,5% des transporteurs « montrent un intérêt pour les énergies alternatives au diesel », mais restent plus au stade de prise d’information que de commande ferme.
Stabilité voire croissance en 2026
Pour 2026, l’OVI se veut confiant concernant les ventes de camions et mise sur deux scénarios. Une fourchette basse prévoit la stabilité des volumes vendus par rapport à 2025, avec +5% d’immatriculations de tracteurs mais +6% en ce qui concerne les porteurs. La fourchette haute mise quant à elle sur une augmentation de 10% des ventes de tracteurs et une diminution de -1% des ventes de porteurs, engendrant une croissance du marché global de +5%. Prudent, l’OVI met en avant une bonne dynamique de commande au second semestre 2025, la stabilisation des prix et des taux bancaires ou encore les incitations fiscales et les subventions CEE comme facteur de reprise du marché en 2026. En revanche le contexte économique défavorable, les perspectives des exploitants TRM, la contraction des parcs, l’augmentation des coûts d’exploitation et l’instabilité géopolitique resteront des freins majeurs en 2026.
« Nous anticipons pour 2026 la fin de la baisse avec une année stable, voire une croissance des immatriculations de 5 %, portée entre autres par le nécessaire renouvellement des flottes. Avec un parc de camions électriques qui va atteindre presque 2 000 unités, le marché de l’électrique va croître de façon importante grâce à une conjonction de facteurs accélérateurs, en particulier des TCO proches ou comparables au diesel sur certains usages », se projette Arnaud Villéger, directeur de l’observatoire du véhicule industriel.






