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Malgré des projets d’installation de sites de production et de stations de distribution pour la mobilité routière, les chiffres du baromètre 2024 de France Hydrogène démontrent les difficultés de la filière.
Le salon Hyvolution Paris qui vient de fermer ses portes offre l’occasion à France Hydrogène de dresser le bilan de la filière à travers la publication de son baromètre 2024. Force est de constater que le marché reste quasi inexistant en termes de véhicules, malgré les efforts pour augmenter la production et déployer un réseau de stations. Ainsi selon les chiffres de France Hydrogène, seuls 5 poids lourds et 7 bennes à ordure roulant à l’hydrogène sont en circulation à date. Le baromètre dénombre 124 véhicules utilitaires légers, sans préciser combien sont utilisés par des entreprises de livraison. En outre, dans le secteur du fluvial et du maritime, on compte maintenant 3 bateaux à hydrogène, dont l’automoteur fluvial Zulu 06 H2 de Sogestran inauguré en 2024.
64 stations de distribution
Côté production et distribution, la capacité atteint 35 MW en 2025, contre 30 MW en 2023, « grâce à la mise en service de stations de recharge intégrant une production sur site comme à Belfort, à Dijon ou encore sur le site du projet Hypster à Etrez », explique France Hydrogène dans un communiqué. La capacité des projets en service, en construction ou ayant atteint la décision finale d’investissement, progresse à 315 MW. En 2024, 41 nouvelles installations ont été mises en service, portant à 124 le nombre d’installations en France, pour une puissance équivalente à 7 MW. Ces installations, qui incluent essentiellement des groupes électrogènes à hydrogène mais également des systèmes énergétiques complets. 80 stations de ravitaillement, dont 64 dédiées aux véhicules routiers, sont ouvertes et 91 autres sont en projet.
Des mesures incitatives pour l’avenir
Malgré les difficultés de la filière, France Hydrogène se veut optimiste pour l’avenir. L’association prévoit 70 000 véhicules en circulation d’ici 2030, dont 63 000 utilitaires et 7000 poids lourds et bus. Elle estime que le chiffre d’affaire de la filière pourrait atteindre 32 milliards d’euros en 2035. Pour Jean-Michel Amaré, vice-président de France, « les réglementations incitatives, tels que les objectifs ambitieux de réduction des émissions de CO2 pour les poids lourds (45 % d’ici 2030, 65 % d’ici 2035, 90 % d’ici 2040), posent des bases essentielles pour décarboner les transports (…). Aujourd’hui, les soutiens publics sont insuffisants face au surcoût de la mobilité hydrogène par rapport aux carburants fossiles. Pour garantir le passage à l’échelle de la filière, il est indispensable de donner de la visibilité et d’accentuer ces soutiens. Cela passe par trois leviers prioritaires : faciliter l’accès à l’hydrogène décarboné via des mécanismes incitatifs comme la TIRUERT, accompagner l’usage de tous types de véhicules à hydrogène, et accélérer le déploiement des infrastructures, dont le règlement AFIR ne constitue qu’une première étape ».







