Entrepôts à vendre ou à louer

Consultez notre nouvelle sélection d'entrepôts à vendre et à louer.

Accueil / Supply Chain

Canicules : l’adaptation climatique s’impose

, par Sylvain Chanourdie

Alors que la 3e stratégie nationale bas-carbone (SNBC3) a été adoptée le 15 juillet, prescrivant d’atténuer fortement les émissions de CO2, les entreprises ont mesuré cet été l’enjeu de l’adaptation au changement climatique. Passées les mesures d’urgence, la logistique doit encore bâtir ou renforcer ses plans d’adaptation à l’accentuation des risques climatiques, dont les chaleurs intenses.

+2°C en 2030, +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100 par rapport à l’ère préindustrielle, tel est le réchauffement auquel s’attend leplan national d’adaptation au changement climatique(PNACC), destiné à « protéger les citoyens et préparer le pays aux chocs à venir  » présente Monique Barbut, ministre de la Transition écologique. Si, plus d’un an après son lancement en mars 2025, « 85 % des actions ont été engagées en juin 2026 » selon la ministre, les températures atteintes cet été ressemblent à un scénario plus proche de 2100 que de 2030. Ces chaleurs intenses seront-elles le déclic qui poussera les entreprises à pleinement intégrer l’adaptation au changement climatique dans leur stratégie durable ? Mi 2024, 68 % des dirigeants de PME et ETI ne la considéraient pas comme une priorité stratégique, et seulement 12 % avaient défini une stratégie d’adaptation, selon une enquête menée par BPI France. Pourtant, l’Agence européenne pour l’environnement chiffre l’impact économique du changement climatique sur le secteur des transports et de la logistique à 5 à 20 milliards d’euros par an d’ici 2050 « en dommages matériels et pertes économiques  », alertait Huu-An Pham, directeur consulting de Axa Climate, lors du salon SITL 2026.

Les canicules de 2026 ont déjà bousculé les opérations logistiques pendant plusieurs semaines. Dans les entrepôts et leurs abords surchauffés, a minima les horaires sont aménagés – une obligation légale depuis 2025 en période de vigilance de niveau orange –, des dispositifs de rafraichissement sur les quais installés, des espaces climatisés mis à disposition pour les pauses des équipes, des gilets rafraichissants sont parfois proposés, sans compter la nécessaire culture de vigilance de chacun sur les signaux de fatigue de ses collègues. En complément, l’application de peintures réfléchissantes sur les toitures figure parmi les mesures les plus rapides à mettre en œuvre pour faire baisser la température dans les entrepôts.

Guide sur la résilience climatique des chaînes logistiques

Pour échapper à une logique de crise, une des mesures phares du PNACC, la mesure 33, incite les entreprises à élaborer une étude de vulnérabilité et un plan d’adaptation aux aléas climatiques. A fin juin 2026, « la grande majorité des entreprises concernées ont engagé, et pour la plupart, terminé, leur étude de vulnérabilité  » indique le gouvernement. Plusieurs guides de sensibilisation dédiés à différents secteurs économiques ont été publiés, accompagnés d’outils permettant d’analyser le risque et la vulnérabilité face aux aléas climatiques. Un guide sur la résilience climatique des chaînes logistiques, initialement prévu au premier semestre 2026, devrait sortir sous peu. « Il a été présenté aux acteurs ayant lancé des travaux sur l’adaptation (Perifem, FNTP, Geodis, France Supply Chain, France Logistique) » indique le gouvernement. Différentes données sur la résilience et l’adaptation au changement climatique des chaînes logistiques nationales ont étémises en ligne en juillet.

SNBC 3 : objectifs pour le transport de marchandises

SNBC 3 : objectifs pour le transport de marchandises

Plans d’adaptation en cours

Dans la logistique, Geodis s’affiche parmi les entreprises les plus avancées en matière d’adaptation climatique. La filiale du groupe SNCF a déterminé que 43 % de ses sites sont exposés à « un risque climatique élevé ou très élevé à horizon 2030  ». Pour 27 % d’entre eux, le stress thermique constitue la principale menace. L’augmentation de l’intensité de la fréquence des événements pluvieux et des vagues de chaleur sont ressortis comme ayant le plus d’impact pour son activité. Logisticien particulièrement sensible aux fortes chaleurs, Stef a entamé dès 2025 un plan d’adaptation climatique qui se poursuit en 2026. Le changement climatique est identifié comme ayant le plus fort impact physique et financier dans son reporting CSRD. De premières actions d’adaptation ont été mises en œuvre concernant la production de froid des véhicules et des bâtiments : surdimensionnement des puissances des groupes frigorifiques, portes coulissantes rapides sur l’arrière des véhicules, augmentation de la fréquence des opérations de maintenance préventive, isolation renforcée… Si ces deux acteurs de la logistique ont pris la mesure des risques climatiques, l’heure d’une potentielle réévaluation à la hausse des impacts a peut-être commencé.

Le magazine et les panoramas

Stratégies Logistique 219 - juin / juillet 2026

Stratégies Logistique n°219 est paru.

Stratégies Logistique 218 - avril / mai 2026

Stratégies Logistique n°218 est paru.

WMS : accalmie du marché et vague d’IA

Dans sa 6e édition, notre panorama des WMS en France enregistre une montée en gamme autour des modules d’exécution TMS, YMS, OMS et LMS. Sous pression de l’omnicanal et de (…)

Découvrir ce panorama.