
- Arthur Loyd
La crise économique a ralenti les opérations d’immobiliser logistique sur les 9 derniers mois et pousse les utilisateurs à privilégier les petites surfaces de seconde main.
Selon le cabinet Arthur Loyd Logistique, le marché utilisateurs d’immobiliser logistique s’enlise dans la crise, avec une baisse de -17% des bâtiments commercialisés depuis le début de l’année par rapport 2025. Au total, 1,7 million de m² ont été commercialisés sur la période, dont 422 000 m² entre juillet et septembre. « Les conditions économiques actuelles ne sont pas favorables aux nouvelles signatures », indique Didier Terrier, associé chez Arthur Loyd. « La croissance est molle, l’inflation repart à la hausse et le pouvoir d’achat des français est au plus bas. Une recette qui ne fait pas bon ménage dans un pays où la demande placée en surfaces de stockage est principalement tirée par la consommation domestique ».
Sur les 95 transactions enregistrées depuis le début de l’année, 75 % portent sur des volumes inférieurs à 20 000 m². Ce chiffre souligne la logique, toujours à l’œuvre, de rationalisation des surfaces par les utilisateurs, qui considèrent l’immobilier comme une variable d’ajustement dans leur chaîne de coûts. Selon Arthur Loyd, la faiblesse de la demande exprimée se reflète également dans un taux de vacance orienté à la hausse. Dans le même temps, le renouvellement de l’offre neuve a fortement ralenti, l’équation économique apparaissant difficile à résoudre pour les promoteurs, tandis que les investisseurs restent prudents sur les lancements en blanc. « Le stock global d’offre à pourvoir va sensiblement augmenter. En revanche, il s’agit essentiellement d’une offre de seconde, voire de troisième main, parfois très éloignée des standards des nouvelles constructions », analyse Didier Terrier.
Si, en volume, la part des e-commerçants reste conséquente, elle masque en réalité le poids d’Amazon qui, en propre ou par l’intermédiaire de prestataires, représente à lui seul 20 % de la demande placée française depuis janvier 2026. Concernant l’arrivée des prestataires asiatiques, le raz-de-marée attendu ne s’est, pour l’heure, pas matérialisé et l’attentisme reste de mise. « Aujourd’hui, au-delà des grandes opérations d’Amazon, les relais de croissance pour le secteur sont peu nombreux. Quelques opérations significatives sont en cours, mais elles glisseront plutôt au premier semestre de l’année prochaine », annonce Didier Terrier.
« La demande est sélective, mais pas absente. L’atterrissage 2026 devrait par ailleurs rester dans la même lignée que les précédents trimestres. Les différentes familles de chargeurs et les prestataires restent présents, mais leurs délais de décision s’allongent. La conjoncture bride fortement le marché, mais il faut se montrer patient et d’ores et déjà réfléchir à l’après » conclut Didier Terrier, Associé Arthur Loyd.

